Lors du débat d’orientation budgétaire à l’Assemblée nationale la semaine dernière, le président du CNOSC avait relevé des manquements dans le rapport qu’a présenté le ministre du Budget.
Dansa Kourouma avait dénoncé du fait que la société civile n’a pas été associée dans l’élaboration du Budget de l’Etat. Au lendemain de cette sortie, le président de l’Assemblée nationale a, à l’absence du président du CNOSC, envoyé des piques à celui qui représente la société civile à toutes les rencontres gouvernementales. Damaro disait que Dansa Kourouma se prend pour un élu du peuple et pourtant qu’il ne l’est pas, déclarait le président de l’Assemblée nationale.
En réplique à ces propos, le président du conseil national des organisations de la société civile guinéenne (CNOSC) est toujours resté droit dans ses bottes: « Moi, je suis habitué à entendre ça du président de l’Assemblée nationale. Les attaques contre ma personne, ce n’est pas la première fois. Il a répété la même phrase quand on était au cadre du dialogue politique. Que si je veux faire des propositions sur les lois, de me faire élire député. Je vais faire observer ceci, le budget n’est pas la propriété de l’Assemblée nationale ni la propriété du gouvernement. Le budget, c’est la propriété de tout le peuple de Guinée, parce qu’on a mandaté des personnes pour nous orienter sur la manière dont notre argent doit être dépensé. Cela veut dire que tous les citoyens ont le droit de questionner l’Assemblée nationale, de questionner le gouvernement sur la manière dont l’argent public est utilisé. Penser qu’un acteur de la société civile ne peut pas demander au gouvernement plus de transparence dans la gestion budgétaire, c’est mal connaître les règles de bonne gouvernance. Donc, je précise en disant que les propos que j’ai tenus , je ne me suis pas fait appelé honorable ni député. D’ailleurs, je n’en ai pas la prétention. L’institution que je représente me donne et me procure suffisamment de satisfaction de bien comprendre et de relayer les vrais problèmes de la société.  Libre à eux d’être attentifs ou de ne pas l’être, mais mon rôle, c’est de dire haut ce que le peuple pense bas. Si cette façon de parler ne plaît pas à quelqu’un, nous sommes en démocratie, qu’on change alors la démocratie en monarchie. Mais si on est en démocratie, tous les citoyens ont le droit d’interroger la représentation nationale et le gouvernement sur la manière dont chaque franc du contribuable guinéen est dépensé, c’est ça aussi les règles de transparence. Je n’ai fait que demander ça. Et je n’ai même pas demandé le budget, j’ai demandé plus de collaboration avec la société civile dans l’élaboration, le contrôle et l’exécution des dépenses publiques. Je vais continuer à demander, que ça soit Damaro ou un autre à la tête de l’Assemblée nationale. »
Bailo Baldé pour loura.info