Quatre agriculteurs ougandais ont déposé une action en justice au Royaume-Uni contre un gigantesque oléoduc construit par le géant français des hydrocarbures TotalEnergies en Ouganda et en Tanzanie, a annoncé le 7 juillet 2026 l’ONG de défense des droits Avaaz.
Nouveau front judiciaire contre le projet d’oléoduc géant East African Crude Oil Pipeline (Eacop), également connu sous le nom de Uganda–Tanzania Crude Oil Pipeline (Utcop), en Ouganda : quatre agriculteurs du pays particulièrement touchés par le passage de ce futur pipeline qui va traverser tout le pays jusqu’en Tanzanie ont déposé ce mardi 7 juillet devant la Haute Cour de Londres une plainte contre la société britannique qui porte le projet.
La société Eacop est enregistrée au Royaume-Uni et est détenue majoritairement par TotalEnergies, aux côtés de l’Ouganda, de la Tanzanie, et de la compagnie chinoise China National Offshore Oil Corporation.
Législation ougandaise
Ces agriculteurs ougandais ont fait le déplacement jusqu’à Londres pour déposer cette plainte devant la Haute Cour. Objectif : empêcher la mise en service de l’oléoduc géant Eacop.
Matthew Renshaw, l’un de leurs conseils juridiques, souligne : « Même si la plainte est déposée devant une cour britannique, elle l’est en vertu du droit ougandais. Et selon ce droit, une personne peut obtenir réparation contre une entreprise dont – je cite – « les actions menacent les efforts d’adaptation ou d’atténuation du changement climatique« . C’est difficile d’imaginer un exemple plus frappant d’une entreprise dont l’action menace les efforts d’atténuation du changement climatique que ce que fait et prévoit de faire Eacop, avec son oléoduc en Ouganda ».
Depuis 2021, l’Ouganda dispose en effet de lois sur le climat ambitieuses. Or, selon les plaignants, le projet les bafoue.
« Il y aura des injustices là où passera le pétrole brut d’Eacop »
Racheal Tugume, une agricultrice qui a dû quitter ses terres à cause du projet, affirme : « Il y aura des rejets de pétrole qui vont se verser dans notre eau, qui vont se verser dans nos sols ! Il y aura des injustices là où passera le pétrole brut d’Eacop. Mais nous ne sommes pas seuls : des gens sont à nos côtés pour nous aider à faire comprendre que les activités menées par le secteur pétrolier et gazier ne sont pas bénéfiques pour nos communautés ».
Il faudra néanmoins s’armer de patience : les premières auditions dans cette nouvelle affaire auront lieu au plus tôt d’ici mars 2027.
Source RFI
